Let's Rock,Let's Prevent
Ô joie, ô bonheur ! Depuis si longtemps il n’y avait pas eu de concert au Centre Culturel de Menzah 6.
Ce 08/12/2007, un match de foot a été à l’origine de troubles de la circulation monumentaux tant le peuple en entier tenait à ne pas le rater. En entière ai-je dit ? Non… Une bande d’illuminés se
comptant par centaines était au rendez vous pour assister à ce fameux concert co-organisé par la SCORA, organisme de l’Associa-Med, ainsi que la radio Tounes Blédi, et dont le but était de
sensibiliser les jeunes à la pandémie du sida qui fait de plus en plus de victimes sans se faire remarquer. Arrivés près du centre culturel, une petite pause déjeuner s’est imposée.
Aussitôt finie nous sommes allés recueillir les impressions du public qui était surexcité pour une bonne majorité et présent bien avant l’heure officielle indiquée par les organisateurs. Heure
purement tunisienne d’ailleurs, puisque le concert devant débuter à 16h n’a pu commencer que vers 18h15.
Avec un public épuisé par ces deux heures d’attente aux portes de la salle (attente qui aura du moins servi aux bénévoles de la SCORA d’effectuer quelques petits sondages et de distribuer
quelques capotes) l’ambiance était assez terne pour l’opening du concert.
Un opening effectué par un groupe encore inconnu, « Insomnia ». Avec des reprises en tous genres, allant du Gospel au Rock, le groupe a su instaurer une ambiance pesante et tout à la fois très
charmante. Avec deux vocaux féminins et un vocal masculin tripotant son clavier ce groupe a conquis les cœurs des mélomanes et a énervé une certaine partie des débiles congénitaux qui
n’arrêtaient pas de réclamer Barzakh. Un manque de respect total envers le bon travail qui m’a personnellement charmé. Car contrairement à la majorité des groupes tunisiens, celui-ci a su faire
la différence entre « reprise » et restitution à l’identique.
Durant la prestation de ce groupe, comme durant celles de tous les autres groupes, on a eu droit à des projections sur un écran géant placé sur le mur derrière la scène. Très belle initiative qui
nous a permis de voir des séquences que l’on connaissait et d’en découvrir d’autres que l’on ne connaissait pas. Un bel outil de sensibilisation dont les organisateurs ont usé… Ludique et
bénéfique à la fois. (Pas aussi ludique que certains préservatifs gonflés volants sur scène mais beaucoup plus utile en tout cas).
Quittant discrètement la scène, ce jeune groupe a laissé place à une formation devenue culte pour les habitués des concerts tunisois. The Travellers et leur Folk Rock qui fait danser les foules.
Avec leurs compositions maintenant apprises par cœur par leurs fans dont je fais partie, ils ont mis le feu à la salle en redonnant de la vigueur à ce public qui s’était un peu collé aux sièges.
Leur musique est toujours aussi simple et bien performée, vu le niveau des membres du groupe et l’excellence de leur violoniste qui est à lui seul l’une des clés du succès de ce groupe.
Sous un tonnerre d’applaudissements, The travellers laissent place à un groupe que je n’avais pas eu l’occasion de voir en concert auparavant. More and More. Jeune groupe ayant la pêche et se
débrouillant très bien sur scène et ayant le sens du contact avec le public. Ils ont fait une bonne impression mais ce n’était pas assez pour effacer celle que leurs prédécesseurs ont ancré et
encore loin d’égaler le groupe celle que le groupe suivant laissera. Je ne sais pas pourquoi mais la voix du chanteur m’a semblé un peu bizarre, peut être que c’est une première impression, je ne
sais pas. J’attends de les voir ultérieurement espérons.
Et voilà le tour de 38ème parallèle qui arrive. Pour ma part j’avais entendu parler du groupe mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir le show. Et voilà qu’aujourd’hui je regrette
chacune de leurs montées que j’ai eu le malheur ou la stupidité de rater. Leur musique Rock Jazzée à forte tendance psychédélique m’a fait entrevoir les nuages dans une salle couverte tellement
j’avais l’impression de planer. Une musique excellente, des musiciens confirmés, un show aussi bizarre qu’intéressant. Avec leur batteur qui ferait penser à certains grands batteurs de jazz tant
la technique est évidente dans son jeu, et leur bassiste en état de transe durant une bonne partie du concert, j’ai été plus qu’ébahi, halluciné, je dirais même subjugué par ce groupe.
(D’ailleurs les gars si vous comptez enregistrer vous savez à qui envoyer la démo).
Un groupe comme j’en ai vu peu en tunisie.
Et voilà les voices qui pointent le bout de leur nez. Après un concert plus que réussi à sfax, qui fait encore parler de lui, voices sont montés sur scène nous faire une belle leçon de musique.
Certes ils nous ont habitués à mieux mais étant avec eux dans les loges je savais à quel point ils étaient fatigués et cela vu qu’ils étaient présents sur les lieux depuis sept heures du matin.
Ce n’est pas le cas seulement pour eux mais ça a eu son petit effet. La fatigue combinée à quelques défauts de réglage du son, leur prestation est comme à leur habitude sans fioriture et sans
défauts. Il manquait juste un petit peu plus de contact avec le public.